lundi, 11 décembre 2017
French Arabic English

Delta-Cargo-and-Air-France-banner.png

Photo Nafarko

Quasiment absent de la scène politique depuis les dernières élections de 2016, l’ancien président de la république du Niger, Mahamane Ousmane continue d’entretenir le mythe autour de sa personne. Nombreux sont les nigériens qui lui prédisent soit, une deuxième élection à la tête de la magistrature suprême soit, un retour en force au perchoir de l’Assemblée nationale. Pourtant, rien ne permet de voir en ce monsieur l’engagement de quelqu’un qui aspire diriger le Niger.

Pas de déclarations acerbes comme à ses habitudes, pas de quête d’influence par médias interposés, bref depuis un long moment Ousmane n’entreprend rien, absolument rien en sa qualité d’opposant au régime, laissant seul le Moden FA Lumana de Hama Amadou, et quelques partis de moindre envergure se débattre contre un régime qui a opté pour la terreur et l’injustice sociale.

Si certaines personnes interprètent son silence comme un signe évident de découragement voire même d’essoufflement, par contre d’autres qualifient le je-m’en-foutisme politique de Mahamane Ousmane de recul d’un vrai guerrier qui peut surprendre l’adversaire quand celui ci s’attend le moins.

Choix délibéré de se taire ou simple stratégie de combat, difficile d’expliquer le mutisme de l’ancien chef d’Etat nigérien plus visible dans les réunions du parlement ACP au point où certains observateurs le trouvent aussi complice de la situation chaotique qui prévaut au Niger.

A en croire ses proches, cette attitude n’est pas synonyme de  «capitulation» ni même de «retraite politique». La création en 2016 d’une nouvelle formation politique, le RDR-Tchangi, par ses lieutenants, en est une preuve puisque c’est sous la bannière de ce parti que Mahamane Ousmane compte battre le rappel de ses troupes.

En vérité, l’attitude de celui-ci se justifie plus par la situation politique du pays née de ralliement du MNSD-Nassara à la mouvance au pouvoir. Même s’il ne l’a jamais dit publiquement, Ousmane est en apparence très déçu de cette pirouette du MNSD, lui qui misait tant sur l’engagement politique de ce poids lourd même après la débâcle électorale de 2016, pour causer des misères à Issoufou.

Très méticuleux dans ses prises de position, ce qui lui a valu le surnom de «Maradona de la politique», Ousmane s’est fait avoir, au moins une fois avec ce départ inattendu du MNSD de la coalition des partis opposés au pouvoir.

Le seul atout qu’il peut tirer de ce retournement de situation, est certainement son refus d’adhérer à la mouvance présidentielle. Un comportement qui l’a rendu d’avantage crédible aux yeux de nombreux nigériens qui le qualifient, pour sa constance, d'homme politique inflexible.

C’est qui est sûr, il sera encore très difficile à Ousmane de faire confiance à un quelconque parti de l’opposition pour affronter un pouvoir ivre qui se tyrannise chaque jour un peu plus.

S’il est vrai que les dirigeants actuels du pays se félicitent d’avoir mis à genoux leurs adversaires et amarré toutes les forces vives de la nation, intellectuels y compris, à leur prétendu «projet de renaissance», il reste que l’incompétence dont ils ont fait montre dans la gestion des affaires publiques, les pratiques mafieuses érigées en mode de gestion et le mécontentement généralisé du peuple nigérien, sont autant des situations qui font l’affaire de Mahamane Ousmane sur une arène politique totalement déboussolée et face à un régime qui n’a plus la cote auprès du peuple.

Il est évident que les nigériens sont de plus en plus convaincus de la situation de déliquescence dans laquelle se trouve leur pays et qui n’a pas de précédent dans l’histoire de gouvernance démocratique. Jamais un Etat n’a été géré avec beaucoup de maladresses et d’à-peu-près comme sous ce régime de renaissance. Face à tous ceux qui critiquent le régime, même dans la perspective d’aider à aplanir des lacunes, les princes qui dirigent n’ont pas meilleur réflexe que de considérer leurs adversaires politiques comme des ennemis à part entière.

C’est donc toute cette inconduite, qui frise le mépris et l’intolérance, (l’apanage des seuls régimes d’obédience stalinienne) qui a fait qu’un Monsieur comme Mahamane Ousmane ou, Hama Amadou leader du Moden FA Lumana, ont fini par conquérir les cœurs d’un grand nombre de leurs compatriotes.

En termes claires, le degré d’impopularité des dirigeants actuels du pays est tel que par le biais d’une élection honnête, libre et transparente, le pouvoir va inévitablement changer de main au profit du camp de l’opposition.

Commentaires   

0 #1 Chmosa@yahoo.fr 06-12-2017 05:37
Publi-reportage, n'est pas?
Citer

Ajouter un Commentaire

Articles recents

Publier le 06/12/2017, 19:21
au-niger-les-organisations-de-la-societe-civile-lancent-un-appel-a-manifestation-pour-le-jeudi-21-decembre-2017 Nous, organisations de la société civile, réunies à l’effet d’examiner les conclusions issues de la session...Lire plus...
Publier le 06/12/2017, 19:10
lutte-contre-la-corruption-au-niger-la-halcia-encore-dopee-pour-des-resultats-minables Le pouvoir continue de doper la Haute Autorité de Lutte contre la Corruption et les Infractions assimilées (HALCIA) mais pour des...Lire plus...
Publier le 06/12/2017, 18:36
le-niger-veut-se-doter-d-un-fonds-national-de-l-habitat Après plusieurs années d’attente, l’Etat du Niger veut enfin à se doter d’un Fonds National de l’Habitat...Lire plus...
Publier le 04/12/2017, 17:25
niger-pas-de-rentree-scolaire-pour-les-eleves-policiers-et-gardes-avant-2019 Pas de rentrée scolaire pour les candidats admis aux concours directs de recrutement, au titre de l’année 2017, des...Lire plus...
Publier le 04/12/2017, 17:17
niger-rsf-appelle-les-autorites-a-appliquer-le-cadre-legislatif-sur-la-liberte-de-la-presse Au cours d’une mission à Niamey, Reporters sans frontières (RSF) a pu rencontrer le Premier ministre nigérien et lui...Lire plus...

Connexion

Abonnez vous à la newsletter