lundi, 11 décembre 2017
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sige AREVA

Le peuple nigérien en saura plus sur l’affaire dite «Uraniumgate» alors même que le Niger a fui l'initiative ITIEle 25 octobre dernier.

 

La justice française a ordonné mardi 28 novembre une perquisition de plusieurs heures au siège d’Areva en France. L’affaire remonte à 2011 et porte sur une vente, «présumée» et «douteuse» d’uranium dans laquelle des autorités nigériennes seraient mises en cause.

 L’opération de ce mardi est la suite logique d’une enquête préliminaire ouverte par le parquet national financier en 2015 de Paris, en lien avec le dossier de «trading» de l’uranium, conjointement géré par les autorités françaises et nigériennes. Une source proche de ce dossier souligne que le géant français de nucléaire a enregistré d’importantes pertes suite à cette opération que d’aucuns qualifient de «sulfureuse affaire».

Les documents publiés pour la première fois par l’hebdomadaire nigérien «Le Courrier» avaient fait cas d’un important stock d’uranium vendu à environ 320 millions de dollars.

pétrolièreseese l’uranium a été dans un premier temps cédé par Areva, ensuite à une société russe de nom de Energo Alyans qui l’avait revendu à son tour à la société Optima Energy Offshore basée au Liban. Peu de temps après, la même société Optima va le vendre à la Société de patrimoine des mines du Niger (Sopamin). Areva avait enfin racheté le même stock à la Sopamin à un prix nettement supérieur à celui auquel elle l’avait cédé au départ à la société russe.

L’actuel ministre des finances avait géré ce dossier et à l’époque il exerçait les fonctions de directeur de cabinet du président Issoufou. Selon ses explications suite aux révélations du Courrier, le dossier en question n’a rien de scandaleux. Mieux l’Etat du Niger avait gagné des centaines de millions de francs CFA « sans rien faire », l’argent qui a servi selon à équiper les services de sécurité du palais de la présidence de la république, a-t-il expliqué en substance.

Au même moment, Areva a expliqué à travers son porte-parole, Christophe Neugnot, qu’il s’agissait bel et bien d’une opération de trading dans le cadre d’une «offre intégrée». Le groupe français avait été approché par un opérateur intéressé par l’achat de centrales nucléaires qui souhaitait acheter du stock de l’uranium, afin de sécuriser son approvisionnement une fois en possession desdites centrales. Cette transaction du réacteur n’ayant pas eu lieu, Areva a racheté son uranium en acceptant de perdre quelque 18 millions de dollars, a indiqué le porte-parole d’Areva pendant que la société russe empochait la somme de 82 millions de dollars.

Depuis lors rien de clair n’a filtré de cette affaire si ce n’est des tentatives d’intimidation et même de banalisation du dossier par les proches du pouvoir à Niamey. Les hauts dirigeants nigériens ont pensé faire taire le dossier à travers un simulacre d’enquête menée à la va-vite par des députés de la majorité qui soutiennent le régime d’Issoufou dans le seul souci de blanchir les présumés accusés.

Malheureusement pour ces autorités, avec le rebondissement de cette affaire la justice française cherchera à savoir si ce «trading» n’a pas permis de dissimuler «des commissions ou des « rétro commissions» au profit des personnes impliquées.

Au surplus, au gré de cette enquête, la justice française donne satisfaction au peuple nigérien qui n’a cessé depuis l’éclatement de ce scandale d’exiger la lumière. Désormais, puisque les choses se passent ailleurs très loin du Niger et en dehors de toute influence politique, l’on connaîtra au moins les tenants et aboutissants de l’affaire dite de « l’uraniumgate » et surtout le degré d’implication des responsables politiques nigériens et français qui ont effectué ledit «trading».

Notons que l’information relative à ce dossier Areva est tombée au moment où le chef de l’Etat français en visite d’Etat au Burkina Faso, parlait de son engagement à encourager la bonne gouvernance en Afrique.

La perquisition des locaux d’Areva est donc un signal fort envoyé aux dirigeants mafieux du continent noir qui confondent les ressources de leurs pays à leurs patrimoines personnels. Aussi, la transaction ayant eu lieu en dollar, il n’est donc pas exclut que la justice américaine finisse par se saisir également de ce dossier de l’uraniumgate, en décidant de traquer tous ceux qui ont reçu leurs parts des royalties.

Comme on peut le constater, le fait pour le Niger de quitter l'initiative ITIE ne constitue point un obstacle technique à la transparence dans la gestion des ressources du pays. La solidarité internationale aidant, le peuple nigérien ne sera pas abandonné dans sa lutte contre l'opacité dans la gestion de ses ressources minières et pétrolières.

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