mardi, 21 novembre 2017
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Manifestation au Niger

Les opposants nigériens semblent sortir de leur torpeur. C’est le moins que l’on puisse dire à la lumière d’une déclaration choque rendue publique le week-end dernier par la coordination régionale de Niamey du principal parti de l’opposition le Moden FA Lumana.

Au-delà des formations politiques opposées au régime, ce sont presque toutes les forces vives de la nation, organisations syndicales et structures sérieuses de défense des droits de l’Homme, qui se préparent à livrer bataille contre l’équipe au pouvoir dirigée par Issoufou Mahamadou à trois ans des élections de 2021 qui, selon les dires du ministre de l’intérieur auront lieu en fin 2020, donc deux mois plus tôt.

La mauvaise gouvernance et le bâillonnement de libertés sont à l’origine de cette levée de bouclier contre le pouvoir en place qui fait montre depuis quelques mois « d’intolérance » sans précédent et de « mépris d’Etat » vis-à-vis du peuple qui lui a pourtant tout donné. En effet, depuis la manifestation du dimanche 29 octobre dernier sauvagement réprimée à Niamey, les partis politiques de l’opposition et certains acteurs de la société civile multiplient des déclarations pour alerter la communauté internationale sur ceux qu’ils qualifient de « menaces » sur la démocratie  et les droits de l’Homme.

Le régime en place pour sa part a opté pour la répression policière et l’arrestation de tous ceux qui critiquent légalement la façon dont les affaires publiques sont gérées par Issoufou Mahamadou et ses amis. Ce qui rend d’avantage délétère le climat politique actuel au Niger.

La situation qui prévaut au Niger n’a pas de précédent dans l’histoire de gouvernance depuis l’avènement de la démocratie au début des années dix-neuf cent quatre-vingt-dix. En effet, jamais l’injustice, les pratiques corruptives, le pillage organisée des biens publics, la concussion, le trafic d’influence, le népotisme et bien d’autres tares n’ont caractérisé une gouvernance démocratique comme sous le règne d’Issoufou Mahamadou.

Pourtant avant leur arrivée au pouvoir en 2011, Issoufou et ses principaux camarades du PNDS ont séduit les nigériens de par leur engagement à lutter contre des pratiques malsaines qui avaient cours sous le régime de Tandja Mamadou. Nul ne pouvait penser que ce même monsieur, qui se faisait passer pour le « Calife Omar Ibn Al Khattab, compagnon de prophète Mahomet (PSL) doté d’une humilité et d’un comportement hors-norme, pouvait une fois au pouvoir, fermer les yeux face à tous les actes de mauvaise gestion qu’il a lui-même dénoncés en tant qu’opposant. A l’épreuve des faits, l’histoire a donné raison à ses adversaires politiques qui dès les élections présidentielles de 1999 et 2004 lorsqu’il était arrivé au deuxième tour avec Tandja Mamadou, avaient tiré par deux fois sur la sonnette d’alarme en appelant les nigériens à lui barrer la route du pouvoir, considérant que son avènement au pouvoir sera un véritable désastre pour le Niger et son peuple.

En dehors de ses adversaires comme Mahamane Ousmane de CDS-Rahama et bien d’autres leaders politiques qui l’ont connu dans d’autres circonstances, personne ne pouvait percevoir dans les discours de l’opposant Issoufou Mahamadou d’autres intentions si ce n’est la volonté de servir le Niger. Ceux qui avaient accordé leurs suffrages à Issoufou, notamment la jeune génération qui l’a porté au pouvoir en 2011, trouvaient en lui un dirigeant capable de sauver le Niger du gouffre. Malheureusement, l’immense majorité des nigériens regrettent amèrement aujourd’hui leur vote en faveur d’Issoufou, sauf quelques privilégiés issus de son parti le PNDS et ceux dont leurs proches vivent sous l’ombre du pouvoir.

Depuis qu’il a décroché le second quinquennat, Issoufou a radicalement changé dans sa façon de diriger, mettant de côté l’essentiel des promesses électorales et autres espoirs qu’il a miroités au peuple nigérien. Il se conduit plus en chef d’un clan qui garantit l’impunité à ses proches trempés dans des sales affaires et la prison à ses adversaires politiques qui n’ont fait qu’exiger le respect des règles de jeu démocratiques. 

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